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L’Observatoire Technico-économique 2020 du Réseau CIVAM est sorti !

Publié par 21 décembre 2020 No Comments

Comme chaque année, Réseau CIVAM analyse les grilles technico-économiques provenant des CIVAM départementaux (dont celles de la Mayenne).
Les résultats de 2018 met en évidence une différence de stratégie économique : produire de la richesse pour rémunérer du travail ou capitaliser pour produire du volume. Chaque édition de l’Observatoire met en avant une thématique : cette année, il démontre que « L’environnement…ça paye ! ».

LES SYSTEMES HERBAGERS* ALLIENT ENVIRONNEMENT ET ECONOMIE POUR REPONDRE AUX ENJEUX SOCIETAUX

L’analyse des différences de résultats 2018 entre les systèmes herbagers* du Grand Ouest et la moyenne des fermes laitières représentée par le RICA (Réseau d’Information Comptable Agricole) met en évidence une différence de stratégie économique : produire de la richesse pour rémunérer du travail ou capitaliser pour produire du volume. Ces stratégies ont des impacts déterminants sur le modèle d’agriculture que l’on souhaite développer pour répondre aux enjeux sociétaux.

Une stratégie économique créatrice de richesse et d’emplois
En 2018, la crise laitière est passée et les fermes représentées par le RICA reprennent une consommation poussée d’intrants dès que les prix le leur permettent. Les écarts de résultats avec les fermes herbagères se creusent à nouveau. Avec 90 000 L de lait vendu en moins, une ferme herbagère non bio dégage en moyenne 24 102 € de Résultat Courant par actif, soit 9 600 € de plus que la moyenne RICA (+66%). Au final, il y a 292 € de Résultat Social** en plus par hectare et 5 actifs agricoles en plus pour 10 km2.

L’environnement et l’économie indissociables pour une performance globale
Les systèmes de production économes et autonomes dégagent plus de richesse en utilisant moins d’intrants*** et de moyens de production. L’analyse de leurs résultats montre ainsi que leur performance est globale : technique, économique, sociale et environnementale. Prendre en compte l’environnement ne se fait pas au détriment de l’économie. Au contraire, plus le système mobilise l’environnement moins il a besoin d’intrants, plus il est efficace économiquement.

Les prairies pâturées d’association graminées légumineuses de longue durée, gage d’efficacité
Elles sont au cœur des interactions air/plante/sol/animal qui font l’efficacité des systèmes herbagers : fourrage équilibré sans concentrés, limitation des travaux, restitution de l’azote de l’air capté par les légumineuses et baisse des parasites et adventices dans les rotations culturales, etc. Elles sont aussi au cœur du stockage carbone des systèmes herbivores, et ce d’autant plus quand on les fait vieillir.
Face à l’agrandissement et à la hausse des chargements permise par l’importation d’aliments venant de territoires extérieurs, la réponse des systèmes herbagers est la maximisation du pâturage. Plus de pâturé, moins de mécanisé, et au final plus de revenu. Il faut donc installer des prairies et les faire vieillir.

Un nouveau regard sur le lien entre économie et environnement
L’étude complémentaire « L’environnement…ça paye ! » donne un éclairage sur la diversité biologique, les pollutions liées à l’azote, les phytos et les énergies fossiles, et les émissions de carbone en fonction des systèmes de production. Elle propose aussi une réflexion sur les indicateurs utilisés pour évaluer ces résultats. Rapporter les impacts environnementaux à la rémunération du travail plutôt qu’à l’unité produite offre une autre lecture de la performance environnementale : un système herbager émet 5 fois moins de CO2 qu’un système basé sur le maïs pour rémunérer autant.

Des systèmes à développer par les politiques publiques pour répondre aux enjeux sociétaux
Au final, les systèmes herbagers produisent des produits de qualité pour les consommateurs·rices. Ils permettent de maintenir des campagnes vivantes, d’entretenir des paysages et de la biodiversité tout en limitant les pollutions environnementales. Ils apportent aussi une réponse adaptée pour lutter contre le réchauffement climatique.
Au contraire, la stratégie volume implique l’agrandissement de structures toujours plus difficiles à reprendre, de moins en moins d’actifs agricoles et des conduites techniques qui augmentent les pollutions environnementales. L’Observatoire des systèmes herbagers montre ainsi qu’il existe d’autres voies en rupture avec les logiques d’intensification de l’élevage en bovins lait. Accompagner le développement des systèmes herbagers relève bien des politiques publiques agricoles et environnementales. A l’heure d’une prochaine réforme de la PAC, c’est le moment d’impulser un véritable changement !

Consulter l'Observatoire Technico-économique 2020