Se sortir du rouge grâce à un système plus vert

Publié par 12 octobre 2017Actualité

En Sarthe, des éleveurs laitiers en grandes difficultés économiques ont redressé leur exploitation en opérant une transition vers un système basé sur le pâturage de leurs vaches. Un gage d’autonomie retrouvée avant tout dans leurs décisions, grâce à l’émulation d’un collectif et l’échange entre pairs.

Retrouver la confiance

« Si nous n’avions rien changé, nous ne serions plus agriculteurs aujourd’hui » rappelle souvent Claude Marchais, éleveur laitier à Volnay (72). Engagé dans une procédure de sauvegarde, son exploitation fait partie de celles qui ont en parallèle fait un grand pas vers le pâturage des vaches laitières et la recherche d’autonomie alimentaire sur le troupeau. Au-delà des retombées économiques positives d’une telle démarche, étudiée dans le projet RADiTS, c’est l’autonomie dans les décisions sur sa ferme qui marque un changement profond dans la façon d’appréhender le métier. Avec d’autres éleveurs, accompagnés par Solidarité Paysans 72, Claude Marchais constitue en 2011 un collectif dans lequel ils réfléchissent ensemble aux solutions qui leurs sont offertes pour pouvoir pérenniser leurs élevages. Avec l’aide du CIVAM AD 72, ils font le choix d’un virage vers un système de production plus économe en intrants. Aujourd’hui, convaincus de leur démarche, ce collectif est devenu moteur pour aider leurs pairs dans un chemin semblable, et démontrer la crédibilité de cette nouvelle orientation auprès de leurs partenaires.

Un double challenge pour les éleveurs

Du côté de Solidarité Paysans 72, les appels fleurissent massivement au moment des crises, alors que les agriculteurs sont généralement au pied du mur. Les embellies promises par le système herbager sont cependant conditionnées à une période de transition qui reste tendue, tant par les nouveaux repères techniques à s’approprier que dans les effets qui tardent à être visibles d’un point de vue comptable. La nécessité d’obtenir rapidement des résultats, additionnée à la complexité d’un changement de pratiques, est donc un double challenge pour ces éleveurs. Pour les aider, le CIVAM AD 72 et Solidarité Paysans 72 travaillent à une meilleure articulation entre les procédures juridiques et les évolutions techniques afin de gagner du temps et maximiser les marges de manœuvre économiques.

« Une » solution et non « la » solution

Cette combinaison de facteurs reste toutefois propre à un type d’élevage et à un terrain particulier.  La situation financière et la dimension structurelle de l’exploitation rappellent par ailleurs la singularité de chaque accompagnement. En connaissance de causes, c’est à l’agriculteur que reviendra la décision finale de changer ses pratiques, d’engager une procédure juridique, et d’être ainsi maître de son changement.