Le groupe bovin lait du Nord-Mayenne s’est retrouvé pour un bout de champ de rentrée chez Clothilde, installée à Montsûrs depuis mars 2025. Plus de 25 éleveur·euses étaient au rendez-vous pour découvrir son parcours, son système et partager leurs expériences autour des enjeux actuels des systèmes herbagers.

Avec 44 ha de SAU et 55 vaches laitières, la ferme de Clothilde repose sur un système 100 % herbe, complété par l’achat de 30 ha d’herbe sur pied à proximité. Une installation récente qui a permis au groupe de prendre le temps d’échanger sur les choix techniques mis en place et sur le fonctionnement de la ferme.

Au-delà de la découverte de la ferme, la demi-journée a surtout été l’occasion de mener une réflexion collective autour des conséquences de la sécheresse 2026 et du manque d’eau sur les systèmes herbagers du groupe. Comment continuer à produire de la valeur lorsque l’herbe vient à manquer ? Comment réduire les besoins du troupeau et mieux valoriser les ressources disponibles ?

Plusieurs leviers ont été identifiés par le groupe : mieux valoriser les prairies, implanter des prairies sous couvert, développer le pâturage hivernal ou encore adapter les temps de présence au pâturage en fonction de la portance des sols et du stade de lactation. La gestion des parcelles de fauche et leur accessibilité au pâturage en hiver ont également été évoquées.

La réflexion s’est aussi portée sur le troupeau et son alimentation : vendre les vaches improductives, réfléchir à la monotraite, revoir le chargement ou encore adapter les fourrages distribués aux besoins des différentes catégories d’animaux. La qualité du foin, notamment pour les vaches laitières, les taries et les génisses, a donné lieu à de nombreux échanges.

Cette rencontre aura donc permis de croiser les expériences et de faire émerger des pistes d’adaptation face aux aléas climatiques, tout en gardant comme objectif de préserver la cohérence et la valeur des systèmes herbagers. Une réflexion collective particulièrement pertinente dans un contexte où la disponibilité en eau et en herbe devient un enjeu central pour les élevages herbagers mayennais.